Pauline CHEVALIER

Si Pauline Chevalier, artiste peintre née en 1982, est diplômée de la faculté d’Arts Plastiques de Rennes depuis 2008, cette touche à tout passera par plusieurs expérimentations artistiques et vies professionnelles. C’est en 2017, forte de cette maturité qu’elle reviendra à son premier amour, la peinture, avec un style résolument personnel. Ce retour à la peinture sera marqué par un projet artistique sur « Les motifs traditionnels de l’artisanat du monde », puis par « Le cabinet de curiosités » depuis janvier 2019. En parallèle, depuis fin mars, Pauline travaille sur « La cartographie des murmures ».

I- Démarche artistique du projet: Les motifs traditionnels de l'artisanat du monde

Adrien SIMON, un visiteur, nous fait part de son ressenti suite sa découverte de l'exposition: "Audacieuses. C'est ainsi que je pourrais décrire, imparfaitement, les images que mes yeux ont transmis à mon plaisir. Ces peintures sont intenses, touchant le point d'équilibre entre des contraires qu'on pourrait juger irréconciliables. Cohabitent une maîtrise technique avec la grâce de l'art brut, le cadre des formes avec l'explosif des couleurs, le convenu avec l'inattendu. C'est déroutant, c'est innovant, c'est vivant ! Bravo pour votre art, le bonheur que vous éprouvez dans la création est palpable ! " 
Dans ce projet, Pauline CHEVALIER s'intéresse aux motifs traditionnels de l’artisanat du monde, qu’elle mixe avec des références personnelles et son quotidien. Le motif est sorti de son contexte et de sa signification. La dinardaise le retient pour ses propriétés graphiques. Ces divers univers se retrouveront plus tard sur la toile dans un joyeux mélange décomplexé.
L’artiste part avec une atmosphère, un format et une gamme de couleurs prédéfinies. Par contre, elle ne fait ni esquisse, ni croquis préparatoire. Pauline commence directement sur la toile avec un premier motif. Puis, la jeune femme construit autour, un peu à la manière des aborigènes d’Australie, motif après motif. Parfois, tout s’enchaîne comme par magie, mieux encore que dans son esprit. Et parfois, elle passe par des moments d’angoisse, pensant ne jamais y arriver. Mais, ça se termine toujours bien! Son secret : Ne jamais lâcher une peinture en cours. Persévérer.
Pauline Chevalier s’intéresse à la répétition. Les motifs tracés manuellement, s’ils représentent la même chose, ne sont jamais les mêmes. Elle n’utilise pas d’outil de mesure. Le trait part comme il veut. C’est en grande partie ce qui donne tout son charme à ses peintures. La nature n’aime pas la symétrie. Nos visages ne sont pas symétriques. La dinardaise se souvient du travail de l’artiste Julian Wolkenstein, Symmetrical Portraits de 2010. Il avait créé des visages symétriques en dupliquant le même côté en partant de son milieu et en le collant à la place de l’autre côté en miroir. Les deux côtés du visage étaient donc parfaitement identiques. Il avait ainsi créé des monstres. Il n’est pas le seul à s’être passionné par le sujet, Eray Eren et Alex John Beck ont aussi travaillé sur cette thématique. L’œil, le cerveau humain aime cette répétition non identique qu’il a l’habitude d’observer dans la nature.
Et de la répétition nait l’accident. Sans le rechercher, Pauline Chevalier ne le rejette pas. Cet accident donne beaucoup de charme et d’humanité à ses peintures. Elle tire cet enseignement de l’observation du travail d’artisans. Notamment dans les domaines de la mosaïque ou de la broderie. Parfois, quand nous observons une frise composée de deux couleurs, tout d’un coup nous ne savons pas pourquoi, sur un petit élément du motif, une troisième couleur apparaît. Est-ce qu’il leurs manquait un carreau de mosaïque ? Est-ce qu’il ne leurs restait pas suffisamment de fil ? On observe encore plus fréquemment ce phénomène dans les pays pauvres comme en Inde où on ne peut pas se permettre de jeter.   Parfois encore, l’accident naît de la fatigue de l’artisan resté trop longtemps sur son motif et qui tout à coup, se trompe. Ces observations ont permis à l’artiste peintre d’apprendre à lâcher prise. Et, à accueillir l’imperfection comme une jolie surprise.


II- Démarche artistique du projet : Le cabinet de curiosités de Pauline Chevalier

Dans ce projet, Pauline nous entraîne dans une rêverie poétique, une célébration de la nature, une ode au monde minuscule. L’artiste peintre dépoussière le cabinet de curiosités. Il est loin, le côté un peu glauque de l’insecte mort, épinglé dans une vitrine. N’est conservé que la beauté, l’étrangeté parfois, le mystère et la diversité des insectes. Quoique d’une grande finesse d’exécution, le sujet n’est jamais traité de façon naturaliste, ce n’est pas le propos. L’insecte est peint dans un traitement naïf, un peu bancal quelques fois, ce qui donne charme et caractère à la peinture. Certaines fois, prétexte pour assembler lignes, points et tâches de couleurs, l’insecte devient un terrain de jeu graphique. D’autres fois, les signes sur ses ailes, semblent à eux seuls renfermer les écrits premiers des dieux. La nature, la réalité est plus magique que la magie, voilà ce que l’artiste semble vouloir nous souffler.


III- Démarche artistique du projet : La cartographie des murmures


C'est un secret murmuré dans le creux d'un arbre, une danse silencieuse pour faire tomber la pluie. Je trace finement les signes magiques d'un langage oublié, d'un langage inventé. J'essaye de parler le plus bas possible, nul besoin d'être audible pour être entendu.
Il s'agit de mon tout nouveau projet artistique dont la deuxième couche de peinture est entièrement tracée à l'aide d'une brindille sèche. La première couche de peinture étant épaisse et blanche et travaillée encore humide à l'aide d'un outil non conventionnel en métal au résultat aléatoire.

Une peinture aux héritages multiples, l'art aborigène d'Australie, le pointillisme, la peinture abstraite chinoise.
Créé avec Artmajeur